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Qui veut parler de l’enfance doit d’abord renoncer à ses mots d’adulte. Pour retrouve le corps et l’âme de l’enfance, il faut bonne part de candeur et surtout un sens accru de la demi-teinte. Chacun de nous a sans doute en lui de nombreux vestiges de ses jeunes années, sylphes ou diablotins qui peuplent sa mémoire. Invoquez-les trop haut, ils vous échappent. Saisissez-les trop brusquement, ils s’évaporent. Ces créatures éphémères n’existent que dans un recoin silencieux de nous-mêmes. Et à l’image de ce silence, elles peuvent dire : « nomme-moi, et je n’existe plus. »
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